Jonction

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Jonction

Au programme (2012-2013)

Pendant deux ans, les deux centres d’art qui animent les haltes, l’asbl Recyclart et l’asbl CONGRES, rassemblent leurs énergies et partenaires autour des 60 ans de la Jonction. De nombreux partenaires publics et privés seront associés à ces deux années thématiques. Un Comité composé de représentants de CONGRES et de Recyclart, du bMa (bouwmeester – maître architecte) et de responsables de l’ADT (Agence de développement territorial) proposera une programmation originale aux formes et supports extrêmement diversifiés pour sensibiliser les Bruxellois, leurs responsables politiques, la SNCB, les touristes, les navetteurs,… aux multiples enjeux liés au présent et à l’avenir de la Jonction. Aller sur le site de Jonction

JONCTION 2012 : Nouvelle jeunesse ou départ à la retraite ?

Et si les boulevards de l’Empereur, de l’Impératrice, de Berlaimont et Pacheco devenaient une promenade reliant la gare du Midi au centre de Bruxelles, et le Pentagone au Jardin botanique ? Et si la gare Centrale devenait un nouveau lieu vivant de la ville ?

Et si… Et si on analysait sérieusement les enjeux des déplacements et les atouts urbains de cet axe exceptionnel qui relie le nord au sud, le Jardin botanique aux Marolles… ? Pour penser l’avenir de la Jonction et de Bruxelles, nous proposons d’ouvrir à nouveau le débat !

La Jonction est la liaison ferroviaire qui connecte les gares de Bruxelles-Nord et de Bruxelles-Midi en traversant le centre historique de Bruxelles. Elle dessert, sur son parcours, les trois gares situées dans le Pentagone que sont les gares de Bruxelles-Chapelle, implantée dans les Marolles, Bruxelles-Central située à proximité de la Grand-Place, et Bruxelles- Congrès, construite au pied de l’ancienne Cité administrative de l’Etat.

En 1952, ce nouvel axe de 2,8km – en grande partie souterrain – est mis en service, après plus de 120 ans d’histoire. La Jonction devient rapidement le symbole de la modernité de la Belgique et de sa capitale, qui accueillera quelques années plus tard l’Exposition Universelle de 1958. Les golden sixties, années glorieuses, s’ouvrent à Bruxelles, future capitale
de l’Europe.

Aujourd’hui, certains continuent d’y voir une prouesse technique qui a modernisé le service du réseau ferroviaire et considérablement amélioré l’accessibilité des voyageurs et navetteurs au coeur d’une capitale internationale. D’autres n’y voient qu’une autoroute urbaine bordée d’îlots monolithiques, une allée de bureaux ornée, à ses extrémités, de grappes de barres de logements sociaux ; une totale absurdité, une balafre urbaine jamais cicatrisée, preuve de la barbarie d’un urbanisme
moderniste radicalement fonctionnaliste qui a irrémédiablement défiguré le centre historique et populaire de Bruxelles.

Pour d’autres encore, la Jonction est l’une et l’autre à la fois, mais elle est encore bien plus. Elle fait partie de la ville, tout simplement, et contient de réelles potentialités urbaines exploitées ou restant à exploiter pour valoriser Bruxelles.

Depuis la dernière décennie, de nombreux intervenants publics et privés ont cherché et cherchent encore à exploiter les différents potentiels de la Jonction afin de l’intégrer davantage dans son environnement urbain. On pense aux projets sociaux et culturels portés par les asbl Recyclart et CONGRES, mais aussi au double contemporain de la chapelle des Brigittines, au Jardin des Visitandines, au skatepark des Ursulines, aux installations de Patrick Rimoux, place de l’Albertine, et de Daniel Buren, place de la Justice ; on pense également au nouveau palais des Congrès « Square », à la nouvelle place de l’Europe devant la gare Centrale réalisé par Alain Sarfati et in fine au projet de réaménagement de l’ancienne cité administrative de l’Etat qui devra se concrétiser.

Aujourd’hui, la Jonction, étroite connexion ramenant de vingt à six le nombre de voies qui arrivent aux gares de Bruxelles-Nord et Midi, constitue, et de loin, le tronçon le plus dense du réseau national. Et récemment, la SNCB a dressé un constat d’une importance capitale qui a pourtant reçu peu d’échos jusqu’à ce jour : la saturation de cette Jonction serait inévitable à court terme. Alors…que faire ?

La Jonction déraille !

Dédoubler la Jonction comme en rêvent d’ ingénieux ingénieurs de la SNCB ? Creuser une deuxième Jonction, sous la Jonction ? Dédoubler les voies ? Chercher à contourner le Pentagone ? Fermer la Jonction ?

La réponse qui sera nécessairement donnée à ces questions dans les prochaines années sera cruciale à bien des points de vue pour le développement de Bruxelles. Les enjeux liés à la Jonction sont en effet multiples : ils impliquent des aspects de mobilité, d’urbanisme, d’architecture, de patrimoine, mais aussi des enjeux sociaux, économiques, et politiques.

Quelle place donner à la politique des déplacements vers et depuis le coeur de la capitale, des trains internationaux au futur RER. Quelle intégration des gares dans le centre historique ? Quelles intermodalités et quelle mobilité en surface ? Quelle place réserver aux projets de créations urbaines et à la réappropriation des espaces publics ? Quel respect apporter au patrimoine moderniste ? Une ville à traverser et/ou une ville où s’arrêter ?Une ville à desservir ou une ville à vivre ? Ces questions sont elles intrinsèquement antagonistes, ou au contraire, compatibles ?

Pour tenter d’identifier et de répondre à toutes ces questions, nous lançons un pavé dans la mare et proposons comme point de départ à une passionnante réflexion.